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Mais tous ne l'ont pas reconnu, tous ne l'ont pas accueilli. Cet amour était trop fou, il dérangeait. Jésus a été jugé et condamné à mort. Sa manière de mourir a signé sa manière de vivre : il a aimé jusqu'au bout et son amour ne s’est pas imposé. Mais le troisième jour, Dieu l'a ressuscité. Le Père a donc contresigné ce destin : le Dieu de Jésus n'est pas un Dieu qui s'impose. Tout au contraire, il se propose, il s'offre à notre accueil et à notre refus. C'est en respectant nos libertés qu'il nous manifeste une vie plus forte que toute mort et toute violence, une vie totalement filiale (disant encore Père au moment où la vie le quitte) et totalement fraternelle (livré sans défense à ceux qui le rejettent), c’est en respectant nos libertés qu’il nous ouvre accès à Lui.
Ressuscité, Jésus-Christ nous livre son Esprit filial et fraternel. Par lui, nous entrons dans l'expérience de Jésus : celle d'un fils, d'une fille, émerveillés de Dieu, trouvant son bonheur à l'accueillir et à lui dire merci d'être si proche ; celle d’un frère, d’une sœur, tellement assurés d’avoir un Père, qu’ils se risquent, contre la jalousie et la violence qui les menacent, dans des relations fraternelles. C’est ainsi que nous devenons « comme un temple », c’est là « le culte en esprit et en vérité ». En effet, quelques jours avant de mourir, Jésus avait dit : « mon corps, c’est pour vous », une manière de dire : « ma vie, mon style de vie, c’est pour vous ». Il suffit d’avancer librement vers lui et d’ouvrir les mains, c’est ce que nous rappelons à chaque messe, à chaque eucharistie, lorsque nous communions. L’accès à Dieu est vraiment ouvert puisque nous devenons ainsi des fils (filles) et des frères (sœurs), puisque nous devenons ainsi plus humains et donc plus « divins ». La croix devient alors en vérité le signe de l'alliance entre Dieu et les hommes. |