Aider mes frères à vaincre l’égoïsme
Un jour mon père m’a posé cette question : “Tu dis toujours que tu désires être prêtre. Mais sais-tu vraiment ce que c’est qu’être prêtre ? ». Et alors, il m’a présenté un portrait du prêtre qui était exactement l’écho de ce que je sentais sans comprendre, de ce que je rêvais sans pouvoir le formuler : « Mon fils, prêtre et égoisme ne marchent pas ensemble. C’est impossible. Un prêtre ne s’appartient pas. Il n’a qu’une raison de vivre : c’est de vivre pour les autres ».
Cela correspondait exactement à ce que le Seigneur avait semé au-dedans de moi. Toute ma vie, je vis ce rêve d’être un avec le Christ pour aider mes frères à vaincre l’égoïsme.
revenir en haut de la page
Digne ambassadeur de la faiblesse humaine
Etre avec Dieu, oui, mais en portant l’humanité. C’est comme la messe : nous sommes là comme des ambassadeurs. J’aime dire : « Seigneur, je me sens un digne ambassadeur de la faiblesse humaine. Car il n’y a aucune faiblesse que nous, les pasteurs, nous n’avons pas déjà connue ou que nous ne pouvons connaître demain. Aucune faiblesse, aucun péché… Alors, Seigneur, je peux vraiment parler au nom de tous mes frères, les pécheurs d’hier, d’aujourd’hui, de demain. » revenir en haut de la page
Appelé à servir davantage
Quand nous sommes appelés, ce n’est pas que nous l’avons mérité. Personne n’a mérité d’être appelé à la vie, ni à la vie chrétienne, ni à l’apostolat. Surtout, personne ne mérite d’être appelé au martyre, cette huitième béatitude. Quand le Seigneur fait un choix, ce n’est pas pour récompenser des mérites, ni pour distinguer une personne. C’est pour l’appeler à servir davantage les autres en son nom.
revenir en haut de la page
Pas seulement les prêtres
Quand je pense aux premiers apôtres sacrés par le Christ, je pense qu’eux-mêmes en ont sacré d’autres, qui en ont sacré d’autres à leur tour, et ainsi jusqu’à nous… Chaque apôtre d’aujourd’hui est ainsi lié à un apôtre d’alors. (…)
Mais le grand apôtre, c’est le Christ, L’apôtre, c’est l’envoyé. Le Christ est l’envoyé du Père.
Et aujourd’hui, nous le savons, les envoyés, les apôtres, ce ne sont pas seulement les évêques, ni seulement les évêques, les prêtres, les religieux et religieuses. Les laïcs aussi sont envoyés. revenir en haut de la page
Pendant la consécration
A la messe, pendant la consécration, c’est toujours pour moi un grand étonnement : comment le prêtre peut-il vivre ce moment extraordinaire ! C’est tellement fort, pour nous, hors mesure humaine, de voir ainsi descendre le Fils de Dieu entre nos mains, de l’avoir là, sous nos yeux, de le porter ! Comment pouvons-nous soutenir ce poids immense ?… Et quelle richesse à offrir au Père ! « Seigneur ! Tu peux maintenant demander aux hommes l’infini. Nous te devons l’infini. L’infini, tu nous le donnes. Nous te l’offrons ! ».
revenir en haut de la page
Offrir les joies et les souffrances...
Ce qui est formidable aussi, c’est que la messe couvre la journée tout entière. Tout devient offertoire. Je ne traverse pas la journée les bras et les mains levées, comme à l’autel : les gens ne comprendraient pas et me prendraient pour un fou. Mais, spirituellement, c’est comme ça que je parcours les rencontres de la journée, offrant les joies et les souffrances, les espérances et les peurs, les vertus et les faiblesses, tout ce qui se voit, s’entend, s’imagine, se rêve…
C’est vrai aussi qu’après la consécration, on pense facilement que tout, autour de nous, tout vient du Créateur ou du co-créateur, l’homme. Il n’y a rien, absolument rien, qui ne soit vivant et saint…
revenir en haut de la page
Dom Helder Camara - extraits de L’Evangile de Dom Helder
Seuil 1985 revenir aux pages "sacerdoce"
revenir à la page d'accueil |