Elisabeth : "L'offrande de chaque jour : c'est eux !"
J'arrivais à la maison de Nanterre, à l'aumônerie du centre d' accueil et d'hébergement. Il y avait un gars ivre mort. Le prêtre le fait asseoir dans la chapelle, met un genou à terre, il me demande d'aller chercher un linge, de l'eau. J'ai croisé le regard du prêtre qui croisait le regard du monsieur. Il trempe le chiffon, il lui essuie le visage : "Vous êtes fatigué. Vous allez vous reposer ici, vous n'allez pas retourner dehors." Dans ma tête, je me suis dit : "maintenant c'est comme ça que tu dois les regarder." Ce sont des gens rejetés par pas mal de personnes. Des hommes et des femmes déstructurés, qui ne sont plus maîtres d'eux. Ils ont rejeté leur personne, grisés par autre chose. Ce sont des jeunes à qui on n'a pas appris à contrôler leur vie. Ce sont tous des hommes et des femmes qui souffrent.
Ma vie d'auxiliaire, je la vois dans ces gens là ; des gens parfois plus calés que moi. Tous, ils savent qui on est. Je n'ai jamais caché qui j'étais. Quand je ne dis rien, c'est que je ne suis pas d'accord, ils le savent, ils le disent. Mais, moi, ça m'a transformé du tout au tout. J'ai commencé par changer moi-même. Il ne suffit pas de donner des bons conseils; il faut commencer par changer. Je crois que je dois beaucoup à ma famille pour ces qualités humaines. Mes parents m'ont toujours appris le respect de toutes les personnes. Ma vie de prière est alimentée par la vie de ces hommes et de ces femmes. Je n'ai pas besoin de préparer ma prière, elle est là : L'offrande de chaque jour : c'est eux !
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